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Les 5 questions à se poser avant de voter.

Le droit de vote en démocratie.

L’Etat est le plus froid des monstres froids. Il ment froidement ; et voici le mensonge qui s’échappe de sa bouche : “Moi l’Etat, je suis le peuple".

Friedrich Nietzche.

Voter, c'est un droit et un devoir sans influence ni pression."Voter est un droit et un devoir", telle est la définition du vote en démocratie pour le plus grand nombre. C'est normal, nous avons tous fréquenté l'école (laïque et obligatoire en France) et en instruction civique il nous a été enseigné que nous allions décider de qui nous représenterait dans les différentes institutions et dans les différentes fonctions électives.

Le vote en démocratie n'a de sens que si l'article 19 de la décaration universelle des droits de l'homme est scrupuleusement respecté, à savoir :

« Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. »

Trois notions principales sont donc attachées au vote en démocratie.

Voter est un droit.

C'est donc un droit fondamental reconnu par la déclaration des droits de l'homme. Chacun dispose du droit de se faire représenter dans les institutions par la personne qu'il aura choisie.

Deux questions se posent dans l'exécution pratique de ce droit :

  • la représentativité des élus à tous les niveaux de la vie publique, à plus forte raison dans un régime de suffrage universel,
  • le renoncement de chacun à son pouvoir de décision qu'il aura délégué à un tiers, à plus forte raison en l'absence de structure de contrôle.

Voter est un devoir.

Lorsque le droit se transforme en devoir, il convient de se prémunir contre les dérives.

Peut on imposer à chacun de déléguer son pouvoir de décision s'il n'y a aucune garantie que les représentants veilleront scrupuleusement à péserver les intérêts de chaque pouvoir de décision qui leur a été délégué?

Un élu est un homme ou une femme presque comme les autres et l'influence dont il est investi attire immanquablement des personnes qui cherchent à utiliser cette influence. Toutes ces sollicitations qui commencent bien avant l'élection et ce jusque sur les bancs de l'école, peuvent facilement conduire l'élu à favoriser celles et ceux qui lui procurent des avantages pour bénéficier de sa bienveillance plutôt que celles et ceux qui lui ont délégué gratuitement leur pouvoir de décision.

Voter est une décision prise en toute indépendance.

Ce point semble facile à respecter dans un état de droit. Cependant c'est un fait, la manipulation de l'opinion est omniprésente dans les sociétés les plus évoluées.

Enseignants, journalistes, prescripteurs, intellectuels, philosophes et mêmes artistes y vont de leur verbiage insipide pour conditionner l'opinion du bon peuple.

Le meilleur signe de la manipulation réside dans la volonté d'informer et d'instruire les gens qui ne partagent pas l'opinion du plus grand nombre. L'opinion est le résultat des acquis et des expériences, certainement pas d'un enseignement et d'une information théoriques et démagogiques.

Quand l'information devient propagande, le totalitarisme trouve sa voie.

Les effets du vote.

Après le vote, chacun s'en remet à l'élu pour préserver au mieux ses intérêts. Le vote est donc un acte de confiance aveugle accordé à des professionnels de la manipulation soumis en permanence et de toutes parts à des tentations de corruption compte tenu de l'influence dont ils sont investis.

  • Voter pour un candidat à la proportionnelle ou accepter que le candidat qui sera désigné par la moitié des suffrages exprimés au suffrage universel est donc un véritable renoncement qui ne sera probablement jamais payé de retour par un élu qui aura toutes les chances de favoriser ceux qui lui procureront des avantages tangibles.
  • Voter blanc, selon les principes de la démocratie, revient à considérer que tous les candidats vous conviennent et qu'en l'absence de choix d'un candidat de votre part, vous êtes d'accord avec le candidat qui sera désigné par le plus grand nombre. Contrairement à ce qui est cru habituellement, le vote blanc signifie que vous validez le choix fait par les autres, en d'autres mots, vous donnez votre voix à tous les candidats.
  • Ne pas voter est probablement l'acte le plus fort en démocratie. L'abstention affecte directement la représentativité de l'élu. Un élu qui représenterait 30% de la population avec 70% d'abstention pourrait-il être légitime? Vraissemblablement non. Or c'est exactement ce qui se passe au suffrage universel avec 30% d'abstention, 10% de votes blancs et 30% pour le perdant (c'est un cas très fréquent). Soumettre les candidats à la menace de l'abstention les motiverait pour mériter la confiance que les électeurs leur accordent.

L'abstention est le dernier recours démocratique contre les dérives et les malversations politiques.

Il existe aussi une option que l'on entend souvent qui est liée au suffrage universel et qui revient à voter contre un candidat. C'est ce que l'on a pu constater en 2002 aux élections présidentielles en France avec 80% des voix pour le vainqueur, ce qui revient à un plébiscite rarement vu dans un état de droit. Voter contre un candidat peut donc facilement conduire à une démocratie de république bananière.

La légitimité des élus.

Les hommes d'État n'ont ni le temps ni l'habitude de prévoir. Ils vivent au jour le jour, tous les événements les surprennent, et les problèmes qu'ils s'efforcent de résoudre sont ceux de la veille ou de l'avant-veille, qu'ils n'ont d'ailleurs pas encore compris.

René Barjavel

La légitimité d'un candidat est de plusieurs natures. Bien entendu, un candidat et à plus forte raison un élu doit disposer de ces trois natures de légitimité.

La légitimité institutionnelle.

C'est la légitimité que confère le suffrage des citoyens au candidat selon les règles electorales en vigueur. C'est cette légitimité qui fait penser aux élus qu'ils sont en droit de prendre des décisions qui suscitent des controverses. Dans les faits, ne pas tenir compte des controverses est une erreur impardonable pour un élu. Il n'existe aucune raison pour qu'il invoquer une raison supérieure pour passer outre en cas de contestation d'une décision. Les élus invoquent souvent l'intérêt général qu'ils opposent à l'intérêt particulier. L'intérêt général ne peut être rien d'autre que l'optimum de l'ensemble des intérêts particuliers. Toute autre considération ne peut rien être d'autre qu'un viol de la population et une trahison du mandat donné par les électeurs.

La légitimité par la compétence.

La légitimité par la compétence est indispensable pour gérer les affaires publiques dont un élu a la charge. Souvent on oublie où doit se situer la compétence des élus. En effet, la compétence des élus réside principalement dans leurs talents d'orateurs, dans leur capacité à se constituer un solide réseau de relations et bien entendu dans leur talent d'acteur et de séduction des foules. Emile Faguet de l'académie française a mené une analyse sur l'incompétence dans tous les aspects de la vie politique dans un livre intitulé "Le culte de l'incompétence".

La légitimité par l'éthique.

Un candidat ne peut être légitime que s'il dispose des qualités éthiques sans lesquelles il ne pourrait assurer un quelconque mandat électif. Les manquements à l'éthique qui sont souvent les précurseurs de malversations et de fraudes trouvent généralement leurs causes dans un manque d'indépendance ou un excès de pressions. Le manque d'indépendance est dû à toute situation qui rend le candidat redevable vis à vis d'une autre personne, soit du fait de liens familiaux ou amicaux, soit du fait d'avantages perçus. Les avantages perçus peuvent facilement conduire à la corruption. Les excès de pressions peuvent provenir du parti que représente le candidat mais des sources de pressions plus subtiles peuvent exister (personnes influentes, crime organisé, conglomérats industriels, etc.). L'éthique est un sujet délicat à cerner et ce ne sont pas les moulinets des bras et les épanchements verbaux des candidats qui peuvent rassurer en quoi que ce soit, le mensonge étant systématiquement lié à des manquements à l'éthique.

Les 5 questions à se poser avant de voter.

Avant de voter il est impératif de s'assurer que le candidat à qui l'on accorde sa confiance représentera effectivement et efficacement vos intérêts.

Les questions à se poser pour chaque candidat porteront donc sur les points suivants.

Question 1 : Quelle est l'indépendance du candidat ?

Réponse attendue : le candidat doit démontrer de manière factuelle qu'il est indépendant.

Question 2 : Quelle est l'éthique du candidat ?

Réponse attendue : le candidat doit démontrer de manière factuelle que son éthique est sans faille.

Question 3 : Quelle est la compétence du candidat ?

Réponse attendue : le candidat doit attester d'une expérience réussie dans la gestion des affaires publiques.

Question 4 : Y a-t-il des signaux d'alerte pour le candidat ?

Réponse attendue : aucun signal d'alerte ne doit entacher le parcours du candidat.

Question 5 : Le discours du candidat est-il démagogique ?

Réponse attendue : le candidat ne doit formuler aucune promesse qui n'engage que ceux qui croient à ces promesses.

S'il existe une seule réponse incorrecte, un tel candidat ne devrait recueillir aucun suffrage, évitez par conséquent de voter pour ce candidat.

Si les 5 questions obtiennent des réponses correctes pour un candidat, il est maintenant temps de vérifier si le programme du candidat vous convient.

Un peu de patience SVP, ici vous dévouvrirez bientôt les explications pour les questions à vous poser avant de voter.

Pour en savoir plus.

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