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La liberté d'expression

La liberté d’expression constitue un droit fondamental.

Selon la déclaration universelle des droits de l’homme :

« Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. »

Article 19 de la décaration universelle des droits de l'homme

Mais,

ce droit fondamental peut être limité, réduit ou même supprimé par la loi du pays ou par une loi internationale.

En pratique, en France la loi interdit notamment de propager tout propos incitant à la haine ou de nature discriminatoire.

Il est intéressant de noter qu'en Europe, les deux critères suivants, parmi dix, sont utilisés pour qualifier une déviance sectaire :

  • Discours plus ou moins anti-social.
  • Trouble à l'ordre public.

Toute chose n'étant au final qu'une question d'interprétation, le degré de liberté d'expression dans un pays est défini de manière arbitraire, selon le seuil fixé pour qualifier un propos incitant à la haine, un propos de nature discriminatoire, un discours anti-social ou un propos pouvant nuire à l'ordre public.

Liberté d'expression et censure.

Il est vital pour une démocratie de défendre la liberté d'expression et d'opinion. Cette liberté constitue le fondement de la représentativité des élus qui gouvernent par délégation des citoyens lors du scrutin.

Qui pourrait croire en une démocratie dans laquelle les citoyens pourraient être inquiétés pour leur opinion.

Voici l'une des principales raisons qui justifie la liberté d'expression et d'opinion.

Revenons deux millénaires en arrière pour rappeler les raisons qui ont conduit au procès et à l'exécution de Socrate.

Il fut accusé de corruption de la jeunesse, de mépris des dieux de la cité et d'introduction de divinités nouvelles, puis condamné à mort.

Depuis cette époque la censure fait partie intégrante de toute vie sociale.

Les moyens de censure.

La censure se matérialise sous des formes multiples et souvent insoupconnées.

Les lois.

Les lois, comme celles citées dans le paragraphé précédent, constituent une interdiction explicite.

La pression sociale.

La morale permet de limiter et d'interdire certains propos. Les propos obscènes viennent immédiatement à l'esprit mais la pression sociale s'exerce de manière bien plus insidieuse. Pour s'en convaincre, il suffit de lire les forums sur internet et il est très curieux de voir, par exemple, des personnes prises à parti pour avoir écrit en lettres majuscules. Il est évident que le problème de la liberté d'expression se manifeste jusque dans la forme.

Pour qui détient le pouvoir, il est facile d'influencer ce qui est moral ou non et de ce fait de faire peser la pression sociale sur quiconque voudrait exprimer des propos inappropriés.

Les croyances.

Il ne viendrait à l'esprit de personne de contester une vérité établie.

C'est cette méthode de censure qu'a utilisé l'église et qui a été reprise depuis le XIXème siècle par la Science.

En d'autres termes, si la croyance de tout en chacun dans une vérité établie est assez forte, tout propos visant à nier cette vérité devient déplacé et le plus grand nombre voudra l'interdire.

Or les gens de bon sens savent qu'aucune vérité n'est absolue et qu'elle n'a de valeur que dans un contexte donné. C'est ici la base même de toute démarche scientifique qui commence par établir les conditions dans lesquelles se déroule une observation.

Il n'y a pas de contradiction entre la vérité reprise par la Science (avec un S majuscule) et une démarche scientifique. Il est de notoriété publique qu'aujourd'hui la Science (avec un S majuscule) est seule détentrice de la vérité et qu'à ce titre elle est appelée à remplacer les religions.

La stigmatisation.

Si par le passé l'église excommuniait, c'est à dire que la personne qui en faisait l'objet ne faisait plus partie de la communauté, aujourd'hui les communautés rejettent ceux qui ne partagent pas leurs idées en leur collant des étiquettes.

Il ne peut pas s'agir de discrimination puisque ces personnes n'adhèrent pas à l'opinion. Il est assez difficile d'imaginer quelqu'un intenter un procès pour discrimination parce qu'il aurait été traité de xénophobe.

L'opinion.

Laisser l'opinion publique vivre sa vie est très dangereux pour toute forme de pouvoir, fut-il démocratique. Il suffit pour s'en convaincre de remonter aux événement de mai 68 qui ont déstabilisé plusieurs gouvernements, notamment en France et aux Etats-Unis.

Le "contrôle" de l'opinion est omniprésent, il est même mesuré au travers d'un indicateur nommé "l'acceptabilité sociale", il en existe bien d'autres mais ce n'est pas le propos de cet article.

Les moyens pour modeler l'opinion sont tellement nombreux qu'il est impossible de tous les lister, ce qui n'empêche pas d'en mentionner quelques uns:

  • l'éducation.
  • l'information.
  • la propagande.
  • les prescripteurs (journalistes ou leaders d’opinion).
  • etc.

C'est ce que Noam Chomsky nomme la fabrique du constentement.

Comment mettre en pratique la liberté d’expression ?

Une piste intéressante a été proposée par Noam Chomsky.

Sa définition se résume comme suit :

« la liberté d’expression, pour être réellement le reflet d’une vertu démocratique, ne peut se limiter aux opinions que l’on approuve, car même les pires dictateurs sont favorables à la libre diffusion des opinions qui leur conviennent. En conséquence de quoi la liberté d’expression se doit d’être défendue, y compris, et même avant tout, pour les idées qui nous répugnent ».

Cette définition résonne comme un coup de canon dans l’azur de nos habitudes.

Ceci pourrait être un bon point de départ pour que, à défaut de liberté d'expression, la liberté d'opinion puisse rester protégée.

Il existe cependant un moyen infaillible pour contourner toutes les dispositions visant à restreindre la liberté d'expression. Ce moyen était déjà utilisé sous les monarchies et nous nous délectons encore aujourd'hui de ces pamphlets.

Jean de Lafontaine transposait ce qu'il avait à dire dans le monde des animaux qui, il va sans dire, étaient le strict reflet des personnes influentes et y compris le roi lui-même, qui rappelons le, règnait de droit divin.

Aujourd'hui, les animaux font toujours recette, mais il est difficile de se mesurer à la virtuosité d'un Jean de Lafontaine, alors on se rabat sur des oeuvres de fiction comme l'anticipation ou la science fiction.

Les films Matrix résument à eux seuls toutes les critiques que l'on pourrait adresser à notre société, depuis la prise de contrôle par les machines, en passant par l'altération de la réalité ou de la perception ainsi que de nombreux autres sujets d'actualité.

Les questions de société seront examinées sur ce site en se basant sur des films et des romans connus ou moins connus qu'ils aient été couronnés par le succès commercial ou non.

 

 

 

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1 Commentaire

c'est un véritable sujet de

c'est un véritable sujet de philosophie qui nous est proposé là et qui mériterait une rencontre, débat autour d'un verre!

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